"Nos ancêtres les Gaulois"


1) Il y a environ 35 000 ans: H, C & A

L'histoire des européens commence il y a environ 35 000 ans avec Cro-Magnons, les premiers Homo Sapiens à coloniser l'Europe. Partis du Proche-Orient il y a 45.000 ans, ils ont progressé très lentement des Balkans vers l'Europe occidentale, se métissant probablement avec les Néandertaliens autochtones en chemin. Aucun ADN-Y de Cro-Magnon n'a encore été testé à ce jour (seulement l'ADN mitochondrial), mais il est probable que la première vague d'Homo Sapiens, liée à la culture aurignacienne, appartenait à de vieux haplogroupes * tels que H-P96, C-V20 et peut-être même A1a.
* Un haplogroupe  du chromosome Y (ADN-Y) peut être perçu comme un groupe d'humains ayant un même ancêtre commun en lignée patrilinéaire.

Haplogroupe H: Cet haplogroupe est commun à tout le sous-continent indien mais on le retrouve aussi chez les Roms.
Peuple dravidien: Haplogroupe H
Haplogroupe C: Cet haplogroupe serait apparu il y a au moins 60 000 ans. Il est typique des populations de Mongolie, de Polynésie, d'Australie, d'Inde et de la partie la plus orientale de la Russie.
Genghis Khan : Haplogroupe C3
Haplogroupe A1a: L’haplogroupe A dont l’origine et la plus grande diversité se trouvent en Afrique est également le plus ancien des haplogroupes.
Peuple khoïsan : Haplogroupe A1a



2) Il y a environ 32 000 ans: I & E1b1b

Les peuplades robustes de l'Aurignacien ont été succédées par des hommes à la forme plus gracile au cours de la période du Gravettien (32.000-22.000 ans). Cette deuxième vague d'hommes modernes aurait pu apporter l'haplogroupe I et éventuellement aussi certaines lignées E1b1b.

Haplogroupe I: L'haplogroupe I est le lignage paternel majeur le plus ancien d'Europe et peut-être le seul qui y naquit. L'haplogroupe I est divisé en de nombreux sous-groupes et serait né dans les Balkans il y a plus de 30 000 ans. L'haplogoupe I a dominé le sud-est de l'Europe avant l'expansion de l'haplogroupe R (composant par la suite les Indo-Européens), qui assimila sa population féminine sauf dans les endroits moins accessibles comme la Scandinavie, la Sardaigne et les Balkans yougoslaves. Cet haplogroupe est principalement retrouvé aujourd'hui chez les populations européennes notamment dans la péninsule balkanique et Sardaigne (25 à 50%) ou chez les Roumains, les Bulgares (fréquences de 20 à 30 %). En Suède, Norvège, Danemark,  Islande et au nord de l'Allemagne (avec les haplogroupes I1 et I2b) , à des fréquences de 25 à 50%
Leo Tolstoy : Haplogroupe I1
Nikola Tesla : Haplogroupe I2a
Napoleon III : Haplogroupe I2

Haplogroupe E1b1b: La plus grande diversité génétique de l'haplogroupe E1b1b se trouve dans le nord-est de l'Afrique, surtout en Éthiopie et en Somalie
Nelson Mandela : Haplogroupe E1b1a



3) Il y a environ 12 000 ans: I2 & E1b1b

Au cours de la période mésolithique, à partir de la fin de la dernière glaciation (vers 10.000 avant notre ère) et s'étalant jusqu'à l'adoption de l'agriculture (de vers 5500 avant notre ère dans le sud de la France jusqu'à 4000 avant notre ère au nord des Pays-Bas), les habitants du Benelux et de France auraient appartenu principalement à l'haplogroupe I2 et en particulier à I2a1a (M26), bien que I2a2 pourrait avoir existé entre Alsace et la Franche-comté et le Benelux. E1b1b se serait pendant ce temps étendu d'Espagne et d'Italie vers le sud de la France.

Martin Luther : Haplogroupe I2a1
Napoleon Bonaparte: Haplogroupe E1b1b
(Professeur Gérard Lucotte a testé l' Y-ADN de Napoléon I, Napoléon III et de leurs descendants)
Albert Einstein: Haplogroupe E1b1b
Adolf Hitler: Haplogroupe E1b1b

Pour plus de renseignements :



4) Il y a environ 7 000 ans: E1b1b, G2a, J1, J2 & T

Le néolithique a vu l'avènement de l'agriculture (élevage de bétail, puis l'agriculture céréalière), l'utilisation de la poterie et le remplacement du mode de vie nomade par la sédentarisation. Originaire du Croissant Fertile vers 9500 avant notre ère, le néolithique se propagea à travers l'Anatolie et la Grèce, puis se scinda en deux groupes. Au sud, un premier groupe traversa la Méditerranée, vers l'Italie, le sud de France et la péninsule ibérique et devenint la culture de la céramique cardiale (5000-1500 avant notre ère). La branche nord se développa d'abord dans les Balkans avec la culture de Starčevo (6000-4500 AEC) et la culture rubanée (LBK) (5500-4500 AEC), suivant le Danube et ses affluents jusqu'en Allemagne, le nord de la France et le Benelux.
Les éleveurs et agriculteurs néolithique du Proche-Orient semblent avoir appartenu à haplogroupes E1b1b, G2a, J1, J2 et T.

Haplogroupe G2a: De nos jours, l'haplogroupe G se retrouve partout de l'Europe occidentale et du nord-ouest de l'Afrique jusqu'à l'Asie centrale, l'Inde et Afrique de l'est, bien que partout à de faibles fréquences (généralement entre 1 et 10 % de la population). Les seules exceptions sont la région du Caucase, le centre et le sud de l'Italie et la Sardaigne, où le pourcentage oscille entre 15 % à 30 % des lignages paternels.
Joseph Stalin : Haplogroupe G2a1a
Haplogroupe J1: De nos jours, l'haplogroupe J1 culmine chez les Arabes des marais du sud de l'Irak (81 %), les Arabes soudanais (73 %), les Yemeni (72 %), les Bédouins (63 %), les Qatari (58 %), les Saudis (40 %), les Omani (38 %) et les Arabes palestiniens (38 %). Des pourcentages élevés sont également observés dans les Émirats Arabes Unis (35 %), la côte de l'Algérie (35 %), la Jordanie (31 %), la Syrie (30 %), la Tunisie (30 %), l'Egypte (21 %) et le Liban (20 %). La plupart des J1 arabes appartient à la variété J1-P58.
Le roi Abdallah II de Jordanie (la dynastie des Hachémites) : Haplogroupe J1
Haplogroupe J2: Le pourcentage le plus élevée de J2 au monde se trouve parmi les Ingouches (88 % des lignées paternelles) et les Tchétchènes (56 %) dans le Caucase du Nord. En dehors du Caucase, les fréquences les plus élevées de J2 sont observés à Chypre (37 %), en Crète (34 %) ainsi que chez les Juifs (de 19 à 25 %). Un quart de la population valaque (communautés isolées de locuteurs de langue romane dans les Balkans) appartiennent à J2. Géographiquement, « Valaques » désigne, en Roumanie, les habitants de la Valachie (région méridionale du pays) et, dans la péninsule des Balkans, les populations de langue romane soit les Aroumains, les Mégléno-roumains et les Istro-roumains.
La famille Rothschild : Haplogroupe J2
Haplogroupe T: L'haplogroupe T1 (M70, M184) est trouvé à une petite majorité chez les indigènes Kurukh, Bauris & Lodha en Inde; et une forte minorité de Rajus et Mahli en Inde, Sud Égyptiens et Foulbé en Afrique, Chians, Allemands Stilfser/Tyroliens Saccensi/Siciliens, Eivissencs et Juifs du Nord-Est Portugal en Europe, Zoroastriens, Bakhtiaris au Moyen-Orient, et les Xibes en Extrême-Orient.
Thomas Jefferson (président des États-Unis, de 1801 à 1809) : Haplogroupe T






5) Il y a environ 5 500 ans: R1a & R1b (les Indo-Européens)

Le grand bouleversement culturel et génétique est venu avec l'âge du Bronze, avec l'arrivée des Indo-Européens (R1a & R1b), qui a débuté avec la culture Yamna (3500-2300 AEC) dans la Steppe pontique, au nord de la mer Noire.

Haplogroupe R1a est l'haplogroupe le plus repandu en Europe centrale et de l'est, surtout en Pologne (56%), en Ukraine (50%), Biélorussie (45%), en Russie (40%), en Slovaquie (40%), en Lettonie (40%), en Lithuanie (38%), et en République tchèque (34%), ce qui en fait un haplogroupe clairement balto-slavique.
Max von Sydow: Haplogroupe R1a
Tom Hanks: Haplogroupe R1a
Haplogroupe R1b: Cet haplogroupe se compose de trois principaux sous-clades, R1b-M269, très fréquent en Europe de l'Ouest, R1b-V88 qui se retrouve surtout dans certaines parties de l'Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient et R1b-M73 qui se rencontre en Asie du sud et de l'ouest.
George Washington: Haplogroupe R1b-U152
Abraham Lincoln: Haplogroupe R1b-U152


6) Il y a environ 4 500 ans: R1a

R1a fut le premier à atteindre le Benelux et le nord-est de la France, avec la culture de la céramique cordée (2400-2900 AEC).
Roi Willem-Alexander des Pays-Bas : Haplogroupe R1a



7) Il y a environ 4 200 ans: R1b

A en juger de la propagation de l'âge du Bronze en Europe occidentale, les premiers Proto-Celtes ont atteint la France et le Benelux vers 2200 avant notre ère, suivi des îles Britanniques vers 2100-2000 AEC. Cette première migration aurait apporté la sous-clade L21 de R1b dans le nord-ouest de l'Europe. Grâce à un effet fondateur L21 est devenu la lignée paternelle dominante parmi les anciens Bretons insulaires et les Irlandais et elle l'est resté jusqu'à nos jours chez les Bretons, Gallois, Ecossais des Highlands et Irlandais.
Louis XVI (Maison de Bourbon) : Haplogroupe R1b-U106



8) Il y a environ 3 500 ans: R1b-U152 (marqueur d'ascendance gauloise)

La troisième branche proto-celtique majeure est R1b-U152, qui semble avoir évolué à partir des cultures des champs d'urnes, de Hallstatt et de La Tène (1300-50 AEC) autour des Alpes. Une migration précoce de la culture des champs d'urnes a introduit R1b-U152 en Italie vers 1200 avant notre ère, où ils devinrent les tribus italiques, y compris les Romains. La culture de La Tène (450-50 avant notre ère) est la lignée la plus fortement associée avec les anciens Gaulois. La Gaule englobait toute la France actuelle ainsi que la Belgique et le sud des Pays-Bas jusqu'au Rhin et la Rhénanie allemande, un territoire qui correspond justement à aux endroits où U152 atteint ses fréquences les plus élevées en dehors de l'Italie. R1b-U152 peut donc être considéré comme un marqueur d'ascendance tant gauloise qu'italique.



9) Il y a environ 2 600 ans

Entre 600 et 300 avant notre ère les Grecs établirent des colonies le long de la côte méditerranéenne de la France, fondant notamment Agde, Marseille, Hyères et Nice. Les Grecs de l'antiquité auraient apporté principalement les haplogroupes E1b1b et J2 avec eux, mais également une minorité de G2a, J1, R1b-L23 et T.



10) La répartition des haplogroupes en France aujourd'hui, sur base des données actuellement disponibles:

Region/Haplogroupe ADN-Y I1 I2a I2b R1a R1b G J2 J1 E1b T Q
Alsace 8 1 3 3 55 6 8 1 10 4 1
Auvergne 2 1 1.5 5.5 52.5 9 8 3.5 12.5 4.5 0
Bretagne 8 1 4.5 0.5 80 2 2.5 0.5 0.5 0 0
Corse 0 18.5 1 0 49 7.5 14 0 8 0.5 0
Nord-Pas-de-Calais 13 2.5 1 2.5 61 6 2.5 0 12 0 0
Gascogne 0 4.5 0 0 91 0 4.5 0 0 0 0
Île-de-France 2.5 2 2 3.5 57.5 3.5 6.5 1 20.5 0 0
Provence 2 4 1 5 58 7.5 8.5 1 10.5 1 2
Midi-Pyrénées 2.5 5 2.5 4 61 4 8.5 4 7.5 1 0
Normandie 7 4 2 1 76 0 2 1 5 0 1
Poitou-Saintonge 1.5 3 0 0 74.5 7.5 6 0 1.5 0 0
Rhône-Alpes 7 1.5 2.5 5 66.5 5 2.5 0 5 0 5
TOTAL FRANCE 8.5 3 3.5 3 58.5 5.5 6 1.5 7.5 1 0.5




Pour plus de renseignements:
« Une histoire génétique de la France et du Benelux » :
http://www.eupedia.com/europe/projet_adn_benelux_france.shtml
« Origine, répartition, âge et relation ethnique des haplogroupes européens » :
http://www.eupedia.com/europe/origines_haplogroupes_europe.shtml
« Comprendre le génome humain et la génétique » :
http://www.eupedia.com/genetics/le_genome_humain.shtml
« Journey of Mankind » :
http://www.bradshawfoundation.com/journey/
« Melting Pot Europe » :
http://peopletales.blogspot.fr/2015/12/melting-pot-europe.html
« Nos ancêtres les Gaulois » :
http://www.lefigaro.fr

56) Percentages agreement or how Stalin and Churchill shared out the world

On 9 October 1944, Churchill and Eden met Stalin in the Kremlin, without the Americans, and bargained over how to divide Europe into spheres of influence between Britain and the Soviet Union. The bargaining went on all night. Churchill wrote on a scrap of paper that Stalin had a 90 percent “interest” in Romania, Britain a 90 percent “interest” in Greece, both Russia and Britain a 50 percent interest in Yugoslavia. When they got to Italy, Stalin ceded that country to Churchill. In the end, they settled on an 80/20 division of interest between Russia and Britain in Bulgaria and Hungary, and a 50/50 division in Yugoslavia.

Josef Stalin and Winston Churchill. Pastel painting by Edward Sorel for series “First Encounters,” written by his wife Nancy Caldwell Sorel. Originally appeared in Atlantic Monthly (1991).
Cartoon Drawings Collection, Prints and Photographs Division, Library of Congress

The percentages agreement, was described in 1954 in Churchill's memoirs:

The moment was apt for business, so I said [to Stalin], "Let us settle about our affairs in the Balkans. Your armies are in Roumania and Bulgaria. We have interests, missions, and agents there. Don't let us get at cross-purposes in small ways. So far as Britain and Russia are concerned, how would it do for you to have ninety percent predominance in Roumania, for us to have ninety per cent of the say in Greece, and go fifty-fifty about Yugoslavia?" While this was being translated I wrote out on a half-sheet of paper:

Roumania:
Russia = 90%
The others = 10%

Greece:
Great Britain = 90%
(in accord with U.S.A.)
Russia = 10%

Yugoslavia = 50-50%

Hungary = 50-50%

Bulgaria:
Russia = 75%
The others = 25%

I pushed this across to Stalin, who had by then heard the translation. There was a slight pause. Then he took his blue pencil and made a large tick upon it, and passed it back to us. It was all settled in no more time than it takes to set down… After this there was a long silence. The pencilled paper lay in the centre of the table. At length I said, "Might it not be thought rather cynical if it seemed we had disposed of these issues so fateful to millions of people, in such an offhand manner? Let us burn the paper". "No, you keep it", said Stalin.

Photo: Churchill's original note, complete with amendments and Stalin's tick, is in the British National Archives

Sources:
Is It Time for the Napkin?
Churchill's percentages agreement
Percentages_Agreement
When the Mighty Play God
Why the fate of Greece matters outside Greece
"Stalin: The First In-depth Biography", by Edvard Radzinsky

55) Inspection Basée sur la Criticité (IBC) : Considérations Pros et Cons

La première catastrophe majeure de l'industrie moderne eut lieu le 1er juin 1974, près du village de Flixborough, à environ 260 km de Londres (Royaume-Uni). Le site de l'usine Nypro fut entièrement dévasté, près de 2 000 maisons et bâtiments furent endommagés par l'explosion d'une unité de fabrication de cyclohexanone.
Selon le rapport d’enquête, la rupture au niveau des 2 soufflets de raccordement de la conduite provisoire de 28’’ mise en place entre deux récipients sous forte pression apte à la réalisation et l'optimisation de réactions chimiques (les réacteurs 4 et 6 de l'installation), a provoqué une fuite massive de cyclohexane chaud et sous pression. Le nuage de 40 à 60 tonnes de cyclohexane ainsi formé, s’est ensuite enflammé 25 à 35 secondes plus tard, au contact de la tour de reforming de l’unité hydrogène située à 100 m du point de fuite, provoquant une explosion suivie de multiples incendies.

La définition la plus simple et intuitive de la qualité, c’est l’état de satisfaction auprès d’un produit ou d’un service. Or la satisfaction signifie premièrement une manque de danger dans l’utilisation de produit envisagé (qui peut être aussi bien un outillage chimique).

Depuis 1991, la Société Américaine des Ingénieurs Mécaniques (ASME)  a introduit l’idée de réduire les risques sans augmenter les coûts, par une priorisation des inspections des équipements industrielle en fonction des risques. Ensuite, les principales firmes pétrochimiques mondiales ont implémenté l’analyse IBC pour les appareils et outillages chimiques de leur installations et l’expérience accumulé dans les derniers 20 ans est remarquable.

L’approche traditionnelle sur la qualité impose des intervalles fixes d’inspection, selon des procédures standards. Par contre, les intervalles et les méthodes d’inspection dynamiques selon l’Inspection Basée sur la Criticité sont plus flexible.

Dans certains pays, la législation sur la sécurité du travail a reconnu la méthode IBC comme adéquate (par exemple la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, Portugal). D'autres pays sont plus prudents : le Danemark, la Suède, le Luxembourg, la Suisse [2]. Il y a une troisième catégorie de pays, ou l’Inspection Basée sur la Criticité (IBC) peut être considéré pour les inspections obligatoires, seulement si un certain nombre d'exigences sont satisfaites: les intervalles d'inspection alternatifs proposés par IBC doivent être autorisés. Tel est le cas du Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne ou la Norvège [1].

Pour les organismes et autorités de contrôle habilité à délivrer une attestation de qualité national ou de type CE [3], certifiant qu‘un produit (par exemple un équipement sous pression) satisfait les exigences nationaux ou européennes de qualité, les procédures de surveillance et control deviennent plus complexe, par comparaison avec les procédures habituelles, traditionnelles (en raison des intervalles d'inspection variable et des différences parfois importantes entre les méthodes d’évaluation du risque utilisé).

Dans le cas de l’IBC, l’équipe interdisciplinaire des professionnelles responsable avec l’analyse doit répondre aux critères mentionnés dans l’une des normes suivant : API 581 (2008), les exigences RIMAP (Inspection basée sur la Criticité et Procédures d'entretien pour l'industrie européenne) par le Comité Européen de Normalisation (CEN, 2008) ou celles de l’ASME PCC-3 (2008). La flexibilité des normes applicable impose une expérience et des compétences particulièrement importants, moins accessibles pour les entreprises petites ou moyens.

En bref, les points forts de l’IBC sont les suivants :
- La réduction des risques et l’optimisation des coûts de maintenance;
- L’analyse IBC permet de renforcer l’inspection des équipements qui ont les niveaux de criticité les plus élevés;
- L’augmentation de la durée d'opération (par la diminution des arrêts d'installation);
- L'adaptation des méthodes et/ou de la fréquence des inspections aux mécanismes des dégradations spécifique à chaque équipement.

De l’autre côté, les points faibles peuvent être résumés de la manière suivante :
- Dans une certain mesure, l’évaluation des risques et un processus subjective;
- Le volume des informations nécessaires pour l’analyse IBC  est considérable (la précision des renseignements est aussi essentiels);
- L’implémentation, le maintien en place et les mises à jour du système IBC demande des ressources importants et personnel qualifié qui connait bien les mécanismes de corrosion (les coûts d’acquisition et de formation pour un logiciel IBC d’analyse quantitative spécialisé n’est pas négligeable);
- La gestion des intervalles et des méthodes d’inspections variables est plus complexes et doit être souvent accommodée avec les démarches de vérification traditionnelles;
- L’approche qualitative de l’IBC ne permet pas de démontrer suffisamment que le niveau de risque résiduel après l’implémentation de l’analyse IBC est inférieur au risque suivant la mise en œuvre de l'approche conventionnelle de l’inspection (une exigence pareil peut être demandés par la législation nationale d’un pays ou on essaye d’introduire le démarche IBC);
- Les méthodes IBC peuvent être différentes d’un site à l’autre et comportent des variantes dans leur mise en œuvre, ce qui rend plus difficile la surveillance, l’échange des informations et  une vision unitaire sur le risque dans un domaine industrielle ou un autre (par exemple le conséquence d’une défaillances peuvent être jugé moins grave dans une entreprise et plus grave dans une autre, pour des équipements semblable);
- Le risque élevé dû à haute conséquence, dans le cas des défaillances à faible probabilité des équipements, ne peut être géré de manière adéquate par la seule inspection (voir ASME PCC-3 : section « 3.6.3 Other Risk Management » )

Dans une monde de plus en plus interconnecté, l’augmentation des risques technologiques dans des conditions d’austérité économique nous impose une hiérarchisation de dangers pour mieux les maîtriser. L’expérience gagné par les acteurs industriels qui ont appliqués les exigences IBC a prouvé la maturité et l’efficacité de la méthode (par exemple, le groupe pétrolier Total a décidé de généraliser cette approche à l’ensemble de ses raffineries). En France, le guide de l’Union des Industries Chimiques: UIC/UFIP DT 84 présent quelques lignes directrices de l'inspection basée sur la criticité avec ses conséquences sur l'élaboration et la révision d'un plan d'inspection [4]. Au niveau européen une volonté d’harmonisation des pratiques du suivi des installations et équipements industrielles existe. Le projet RIMAP vise à promouvoir une méthode unitaire d’inspection et de maintenance basée sur le risque.

Dans « La société du risque » [5] qui se développe aujourd'hui, les spécialistes de l’industrie se mobilise pour anticiper et mieux contrôler les dangers technologiques de demain. On peut conclure que l’IBC est l'un des résultats de cette mobilisation.

Références bibliographiques :
[1] RBIF: Risk Based Inspection Framework
(http://www.rbi.risk-technologies.com/)
[2] Bragatto P., Delle Site C., Faragnoli A., 2012, "Opportunities and Threats of Risk Based Inspections"
(http://www.aidic.it/cet/12/26/030.pdf)
[3] Liste des organismes notifiés, 2003
(http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52003XC1212(04))
[4] Guide pour l’établissement d’un plan d'inspection : UIC/UFIP DT 84
(http://www.ufip.fr/uploads/img/DT%2084%20rev%20B01%20-%20fev%202010.pdf)
[5] Ulrich Beck, 2001, "La société du risque"
(http://www.alternatives-economiques.fr/la-societe-du-risque-par-ulrich-beck_fr_art_154_16410.html)
[6] "Explosion catastrophique d'un nuage de cyclohexane"
(http://www.alternatives-economiques.fr/la-societe-du-risque-par-ulrich-beck_fr_art_154_16410.html)
[7] "L'accident de l'usine chimique de Flixborough"
(http://www.preventique.org/Livres/laccident-de-lusine-chimique-de-flixborough-num%C3%A9rique)
[8] Photo: "Flixborough, 1 June 1974"
(http://blog.nationalarchives.gov.uk/blog/flixborough-1-june-1974/)

12 Juin 2016 © IACiotlos

54) Cités du monde - Bucarest, la méconnue

Bucarest, la capitale de la Valachie (1856) - "Illustrated London News"

Bucarest, fondée vers 1459, soit peu après la chute de Constantinople, n’abrite aujourd’hui que quelques monuments antérieurs au XIXe siècle, des petites églises au demeurant régulièrement reconstruites. La ville a connu une longue série de crises qui la mettent en situation de perpétuelle reconstruction. Depuis le XIXe siècle, deux cycles semblent se faire écho, faits de conflits, d’occupations militaires, d’incendies, de séismes, d’inondations et d’opérations d’urbanisme de grande ampleur. Ces cycles de destructions ont profondément modifié l’image de la capitale, d’autant que Constantinople avait cessé d’être le modèle urbain et que d’autres référents guident les reconstructions. Dans les années 1830, c’est l’occupant russe qui importe les principes d’embellissement de l’urbanisme classique. A partir des années 1860, l’état fait appel à des architectes français et s’inspire des travaux d’Haussmann ; toutefois à la fin du siècle, l’étendue de la capitale conduit plutôt à la comparer à Londres ou à Berlin. Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrialisation de Bucarest et son extension radioconcentrique sont faites sur le modèle soviétique ; enfin dans les années 1980, la construction du Centre civique s’inspirant de Pyongyang passe par la destruction du quartier Uranus, sur une colline centrale.


Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la plupart des bâtiments sont construits en bois et en torchis. Bucarest, privée de fortifications par les Ottomans, est une ville basse rythmée par ses foires. Elle s’étend depuis les marécages du gué sur la Dambovita vers la plaine, le long des voies de communications. La ville présente une structure polycentrique, avec ses mahala, quartiers organisés autour d’une église, d’une foire ou d’un puits. Les bâtiments d’un ou deux étages tournent le dos à la rue, selon la mode orientale ; ils sont intercalés de vergers, de vignes ou de terrains vagues (maidane) qui servent alternativement de champs, de pâturage et de terrain de foire. Cette structure, sur le modèle de Constantinople, n’offre qu’une faible résistance mais permet à la ville de se reconstruire aisément après les destructions périodiques : les bâtiments sont rapidement reconstruits en matériaux locaux, les maidane servent de réserve foncière, la multiplicité des paroisses et des foires permet à la ville de subsister, même lorsqu’une importante partie de ses quartiers ont été détruits. Avec l’essor du commerce au XVIIIe siècle, les reconstructions d’églises et de monastères se font en briques et en pierres, la ville devient moins vulnérable aux incendies. Des palais et des caravansérails, les han qui sont en général offerts aux églises pour leur assurer des revenus, sont également construits dans les différents quartiers. Mais ces bâtiments nécessitent deux à trois reconstructions par siècle, comme le monastère de St Sava, qui est reconstruit en 1581, 1678, 1688, 1705, 1714, 1776, 1822 et 1838. Parfois les bâtiments trop endommagés sont abandonnés ou transformés en maidane, comme en témoignent les migrations de la cour princière. Après l’incendie de 1718 et le séisme de 1738, l’Ancienne cour (Curtea Veche) est abandonnée, les bâtiments servent de carrière de bois, de briques et de pierres. Le séisme de 1802 fait tomber les derniers murs, le terrain est alors réutilisé pour l’extension d’un marché. La Cour se déplace au Sud, sur une colline, mais après l’incendie de 1812, elle devient la Cour brûlée (Curtea Arsa), elle se déplace alors au nord, le long de l’axe principal.

"Mémoires pour servir à l'histoire de la Roumanie, provinces danubiennes", 1856.
L'auteur, Cezar Bolliac était l'un des dirigeants de la révolution valaque de 1848, et a pris l'exil après l'intervention russo-ottomane en Septembre.

Bucarest (1 Avril 1865) - "Illustrated London News", p. 300-301

Des Valaques dans les Carpates - aquarelle par Carol Popp de Szathmari

Bucarest (1850) - "Deutschland und die Welt"

« Bucarest s'affermit au centre de l'amphithéâtre valaque protégé par le grand arc carpatique, courbé comme le dos d'un portefaix turc, et appuyé à sa base sur le fleuve nourricier par où était descendu un jour l'empereur Trajan, père des Roumains »


Sources:

53) Wild East or puzzling reality? L'Est sauvage ou réalité déroutante?


"Romania, which had the worst dictator in Eastern Europe - Ceaușescu, he was a darling of the West. The United States and Britain loved him. He was supported until the last minute." Noam Chomsky, 2011.
After a brief period of relatively moderate rule, Ceaușescu's regime (1965-1989) became increasingly brutal and repressive. By some accounts, his rule was the most rigidly Stalinist in the Soviet bloc. He maintained controls over speech and the media that were very strict even by Soviet-bloc standards, and internal dissent was not tolerated. His secret police, the Securitate, was one of the most ubiquitous and brutal secret police forces in the world. In 1982, with the goal of paying off Romania's large foreign debt, Ceaușescu ordered the export of much of the country’s agricultural and industrial production. The resulting extreme shortages of food, fuel, energy, medicines, and other basic necessities drastically lowered living standards and intensified unrest.

Source: http://www.alternet.org
« Ceaușescu en Roumanie était le "chéri" de l’occident. » Noam Chomsky, 2011
Le régime communiste qui a été mis en place le 6 mars 1945 et dont Ceaușescu est l'ultime dirigeant, s'effondre le 22 décembre 1989, lors du coup d'état faisant suite aux révoltes de la population. Trois jours plus tard, le 25 décembre 1989, Nicolae Ceaușescu et son épouse Elena sont jugés, condamnés et exécutés à l'issue d'une procédure expéditive que le régime utilisait contre ses opposants et dissidents.
Au début la popularité du régime Ceaușescu sur la scène internationale est à son zénith : la Roumanie est le seul pays du bloc de l'Est qui ne participe pas à l'invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968 à la suite du Printemps de Prague (que Ceaușescu avait d'ailleurs soutenu) et qui ne rompt pas ses relations diplomatiques avec Israël après la guerre des Six Jours. Ceaușescu conclut alors un traité de défense avec la Yougoslavie et refuse de prendre parti dans la querelle intestine communiste qui oppose l'Union soviétique et la Chine. Du 14 au 19 mai 1968, Nicolae Ceaușescu reçoit la visite du président français, Charles de Gaulle, acclamé à Bucarest alors qu'il était hué à Paris.









- UniCredit Bank Romania - une filiale du groupe financier italien UniCredit, a affiché un bénéfice net consolidé de 60,6 millions d'euros en 2015, en hausse de 87% par rapport à 2014, principalement sur les coûts à faible risque.


- La société pétrolière et gazière OMV Petrom Roumanie, détenue majoritairement par l'Autrichien OMV, a déclaré que son bénéfice net a augmenté de 5% à un record de 1,2 milliard $ en 2012.



- Bucarest et Moscou étaient parvenus à un accord pour la construction d'une usine d'aviation et d'un aéroport en Roumanie, dans un contrat avec Tupolev d'environ 250 milliards EUR qui a soulevé des allégations de blanchiment d'argent au niveau international.


- Pologne-Roumanie-Ukraine: le Triangle d'alliance stratégique, créé par Poutine.

- Selon les estimations Oil & Gas Journal, la Roumanie a la quatrième plus grande réserves de pétrole brut en Europe avec 600 millions de barils de réserves prouvées et la cinquième plus grande réserve de gaz naturel avec 3,7 Tcf de réserves prouvées.





Despite Turkey being the strongest regional ally, it’s very likely that Bucharest will become a major, recipient of increased US support. Romania is likely to firmly establish itself, due to the degradation of Ukraine, as a third power in the region after Russia and Turkey. From the US perspective the country offers several strategic advantages. It’s the least dependent of the coastal states on Russian energy. It was also historically less pro-Russian than many other Balkan countries (e.g. Bulgaria, Serbia or Greece). In addition the country offers a good access point to several critical areas in South-Eastern Europe as it’s located in the direct vicinity of the Balkans, Ukraine and the Black Sea. Romania’s convenient position can be used as a logistical hub to serve US forces en route to the Middle East or Central Asia. The country already hosts US military personnel, mainly at the Mihail Kogălniceanu air base. All these factors make Romania a good candidate for a buffer to potential future Russian expansion (22.04.2014).
Source: http://www.neweasterneurope.eu/interviews/1197-the-new-strategic-reality-in-the-black-sea
- Malgré le fait que la Turquie est l'allié régional le plus fort de l'OTAN, il est très probable que Bucarest deviendra un des principaux bénéficiaires de soutien accru des États-Unis. La Roumanie est susceptible de s'établir fermement, en raison de la dégradation de la situation en Ukraine, en tant que la troisième puissance dans la région après la Russie et la Turquie.


Random Facts and Figures 2015 ~ 2016
Experimental collage of news (using Google Top Stories)