14) Chronologie de la première guerre mondiale: Roumanie (1914-1919)

28 juin 1914 : Le détonateur du processus diplomatique aboutissant à la guerre est le double assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse morganatique Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, à Sarajevo le 28 juin par un étudiant nationaliste serbe de Bosnie, Gavrilo Princip. Les autorités autrichiennes soupçonnent immédiatement la Serbie voisine d’être à l’origine du crime. L'Autriche-Hongrie interpelle l'Allemagne sur cela, mais pas l'Italie. Le 5 juillet, l’Allemagne assure l’Autriche-Hongrie de son soutien et lui conseille la fermeté. Les Autrichiens pensent battre facilement la Serbie et lui donner ainsi une bonne leçon qui calmera ses ardeurs expansionnistes. Il semble au haut commandement allemand que jamais les chances d’un succès contre la Serbie, la Russie et la France ne seraient aussi favorables. C’est la politique dite « du risque calculé » définie par le chancelier Bethmann-Hollweg. L’Autriche, quant à elle, compte profiter de l’occasion pour éliminer la Serbie en tant que puissance dans les Balkans.
Cette guerre fut surtout le fait de deux grandes alliances : la Triple-Entente et la Triple Alliance (Puissances centrales) ou la Triplice:
- La Triple-Entente était composée de la France, du Royaume-Uni, de la Russie, et des empires qu'elles contrôlaient en tant que grandes puissances coloniales. Plusieurs États se joignirent à cette coalition, dont la Belgique, envahie par l'Allemagne, qui fit appel à la France et à l'Angleterre garantes de son indépendance. Le Japon rejoignit la coalition en août 1914, l'Italie en avril 1915, le Portugal en mars 1916, la Roumanie en août 1916 et les États-Unis en avril 1917.
- La coalition de la Triple Alliance (Puissances centrales) était initialement constituée de l'Allemagne, de l'Autriche-Hongrie, et des empires qu'elles contrôlaient. L'Empire ottoman les rejoignit en octobre 1914, suivi un an plus tard du Royaume de Bulgarie.
- À la fin des hostilités, seuls les Pays-Bas, la Suisse, l'Espagne, les États scandinaves et Monaco étaient demeurés officiellement neutres parmi les nations européennes, mais certaines avaient participé financièrement ou matériellement aux efforts de guerre des protagonistes.

3 août 1914 : La Roumanie proclame sa neutralité en faisant valoir aux puissances centrales que l’accord secret de 1883 avec la Triplice ne devait jouer qu’en cas de guerre défensive. La classe politique est partagée mais l’opinion publique est francophile.

10 octobre 1914 : Mort du roi Carol, qui, ancien officier prussien, était naturellement favorable aux Centraux. Avènement de son neveu Ferdinand.

1915 : Le gouvernement Bratianu établit des contacts avec l’Entente mais refuse finalement de s’engager.

13 juin 1916 : Une manifestation pacifiste est brutalement réprimée à Galatz.

17 août 1916 : Le chef du gouvernement I. Bratianu signe les deux conventions politique et militaire qui placent la Roumanie dans le camp de l’Entente. C’est le succès apparent de l’offensive russe lancée en Galicie par le général Broussilov qui a encouragé la Roumanie (elle espère récupérer la Transylvanie autrichienne) à choisir le camp de l’Entente mais l’offensive russe se révèle rapidement sans lendemain.

28 août 1916 : Entrée en guerre de la Roumanie contre les Centraux. Après quelques succès initiaux en Transylvanie, les forces roumaines, qui ont dû compter avec une diversion bulgare en Dobroudja alors qu’était retardée l’offensive prévue de l’Armée de Salonique, sont écrasées par les armées allemande et austro-hongroise placées sous le commandement des généraux Falkenhayn et Mackensen.

6 décembre 1916 : Après la victoire de l’Argesh, les armées austro-allemande et bulgare se sont rejointes le 4 et Mackensen fait son entrée dans Bucarest deux jours plus tard.

janvier 1917 : Le front se stabilise en Moldavie méridionale, sur le cours de la Sereth. Les Centraux occupent les trois-quarts du pays. Les ressources agricoles et pétrolières de la Roumanie leur permettent d’atténuer les effets du blocus naval mis en œuvre par l’Entente depuis 1914.
6-20 août 1917 : Une puissante contre-offensive des Centraux répond à la tentative lancée par l’armée roumaine reconstituée en Moldavie. Le gouvernement roumain, réfugié à Jassy, ne contrôle plus qu’une petite partie du territoire national et sa capacité à poursuivre la lutte dépend entièrement de l’évolution de la situation en Russie, entrée en révolution depuis le mois de février précédent.
6 au 8 septembre 1917 : La bataille de Marasesti - Roumanie, le « Verdun roumain ». Dernière bataille importante du front de l'Est pendant la Première Guerre mondiale, elle oppose l'armée roumaine secondée par des unités russes de moins en moins motivées à l'armée allemande commandée par le général August von Mackensen. La bataille est le résultat de la tentative allemande de percer le front roumain dans la région comprise entre le cours inférieur de la rivière de Siret (Sereth) et les Carpates. Les résultats attendus par Mackensen étaient l'effondrement de la résistance roumaine en Moldavie et la capitulation de la Roumanie dont la capitale avait été provisoirement transférée fin 1916, après la chute de Bucarest, dans la ville de Iaşi (Jassy).
La bataille fut un échec pour les Allemands qui ne réussirent qu'une avancée très limitée sans toutefois arriver à percer le front. Le général roumain Jérémie Grigorescu dirigea la résistance de la Ire Armée roumaine groupée dans un front compact entre deux petits affluents du Siret, les rivières de Putna et Susiţa. La réorganisation de l'armée roumaine par la mission militaire française (général Berthelot) pendant la première moitié de l'année 1917 a beaucoup contribué à l'issue de cette bataille, défavorable aux Allemands.
Les pertes roumaines : 27 000 tués, blessés et prisonniers. Les pertes russes : 25 000 tués, blessés et prisonniers. Les pertes allemandes : 65 000 tués, blessés et prisonniers.
Mausolée de Marasesti, photographié par Ciprian Barna - 13.12.2012

4 décembre 1917 : La Russie bolchevique ayant signé avec les puissances centrales l’armistice de Brest-Litovsk, la Roumanie doit ouvrir à son tour des pourparlers pour mettre fin aux hostilités. Les négociations ont lieu à Focsani et l’accord est signé le 9 décembre.
 
10 février 1918 : Le nouveau gouvernement Averescu fait des propositions aux puissances centrales en vue de la négociation d’un traité de paix.

3 mars 1918 : Signature de la paix de Brest-Litovsk entre les Centraux et la Russie bolchevique.
5 mars 1918 : Préliminaires de paix de Buftea entre la Roumanie et les Centraux. La Roumanie doit céder l’ensemble de la Dobroudja à la Bulgarie (avec le port de Constantza) et accepter une rectification de frontière dans les Carpates.

Mars 1918 : Le pouvoir local constitué en Bessarabie à la faveur de la révolution russe (mais hostile aux bolcheviks) vote l’union avec la Roumanie.

7 mai 1918 : La Roumanie signe avec l’Allemagne la paix de Bucarest. Le nouveau gouvernement d’Alexandre Marghiloman obtient des atténuations des clauses territoriales de Buftea mais la victoire des Centraux va leur permettre d’exploiter les ressources du pays.

Novembre 1918 : Démission du gouvernement conservateur d’Alexandre Marghiloman. Le 10 novembre, la Roumanie entre de nouveau en guerre aux côtés des Alliés. Les troupes roumaines entrent en Hongrie le 16 novembre.

L’armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15, marque la fin des combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918), la victoire des Alliés et la défaite totale de l'Allemagne.
Le cessez-le-feu est effectif à onze heures, entraînant dans l'ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons annonçant la fin d'une guerre qui a fait plus de 18 millions de morts et des millions d'invalides ou de mutilés. Les généraux allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d'État-Major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.




Les pertes humaines de la Première Guerre mondiale, du côté des Alliés (l'Entente):
- Russie (hors guerre civile): 1 811 000 morts et disparus, 1 500 000 Pertes civiles (Population - en millions: 158,9)
- France et colonies: 1 375 800 morts et disparus, 300 000 Pertes civiles (Population - en millions: 39,6)
- Grande-Bretagne: 885 138 morts et disparus, 109 000 Pertes civiles (Population - en millions: 45,4)
- Italie: 651 010 morts et disparus, 589 000 Pertes civiles (Population - en millions: 35,6)
- États-Unis: 114 000 morts et disparus, 757 Pertes civiles (Population - en millions: 92)
- Roumanie: 250 000 morts et disparus, 430 000 Pertes civiles (Population - en millions: 7,5)
- Serbie: 275 000 morts et disparus, 450 000 Pertes civiles (Population - en millions: 4,5)
Proportionnellement, en nombre de combattants tués, la France est le pays le plus touché avec 1,4 million de morts et de disparus, soit 10 % de la population active masculine. En comptant les pertes civiles, la Serbie et la Roumanie, qui ont subi occupations militaires et famines, ont été encore plus durement touchées, perdant 6 à 10 % de leur population totale.

Les pertes humaines de la Première Guerre mondiale, du côté des "Puissances centrales":
-  Autriche-Hongrie: 1 100 000 morts et disparus et 467 000 Pertes civiles (Population - en millions: 51,4)
-  Empire allemand: 2 036 897 morts et disparus et 426 000 Pertes civiles (Population - en millions: 64,9)
-  Bulgarie: 87 500 morts et disparus et 100 000 Pertes civiles (Population - en millions: 5,5)
-  Empire ottoman: 800 000 morts et disparus et 4 200 000 Pertes civiles (Population - en millions: 21,3)

Pertes humaines - le bilan général:
Total général 1ère guerre mondiale: ~ 19 millions morts (Roumanie: 9% de la population totale, qui était de 7,5 millions habitants)
Total général 2ème guerre mondiale: ~ 60 millions morts (Roumanie: 4.01% de la population totale, qui était de 19,9 millions habitants)



1er décembre 1918 : Réunion de la Transylvanie à la Roumanie, votée par une assemblée de « patriotes roumains » réunis à Alba-Iulia. Le même jour, le général français Berthelot fait son entrée à Bucarest.

1919-1920 : Les traités de Saint Germain (en septembre 10, 1919 avec l’Autriche) de Neuilly (en novembre 27, 1919 avec la Bulgarie) et de Trianon (en juin 1920 avec la Hongrie) fixent les nouvelles frontières de la Roumanie.
19 avril 1919 : Les troupes roumaines engagent la lutte contre les armées hongroises et s’emparent de Budapest pour y mettre fin au régime communiste de Bela Kun. Elles agissent avec les encouragements des Alliés qui voient dans la Roumanie un élément du « cordon sanitaire » nécessaire pour contenir la poussée bolchevique en Europe.

Novembre 1919 : Premières élections générales au suffrage universel.

4 novembre 1919 : Les forces roumaines évacuent Budapest.



Sources:
La mémoire de la Grande Guerre
Photos intéressantes, ici: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine
Français et Roumains dans la Grande Guerre
http://www.clio.fr/CHRONOLOGIE/chronologie_roumanie_d_une_guerre_mondiale_a_l_autre_1916-1945.asp
http://rosalielebel75.franceserv.com/armee-roumaine.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_de_la_Premi%C3%A8re_Guerre_mondiale
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pertes_humaines_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale
http://www.ecpad.fr/1914-1918-francais-et-roumains
http://www.princeradublog.ro/jurnal/vizite-regale-intre-romania-si-marea-britanie-1866-1927/
http://mnuai.ro/sala-unirii/?p=1
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Marasesti
Bombardement de Reims 1914: http://www.Larousse.fr/Encyclopedie

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