21) La Civilisation de la Déesse (The Civilisation of the Goddess)

Le plateau du Golan / 230 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

"La structure sociale indo-européenne est patriarcale, patrilinéaire et la psyché est guerrière. Chaque Dieu est également un guerrier. Les trois dieux indo-européens principaux sont le Dieu du ciel brillant, le Dieu des enfers et le Dieu du tonnerre. Les déesses féminines sont les jeunes mariées, les épouses ou jeunes filles sans pouvoir et sans créativité. Elles sont justes là, ce sont des beautés, ce sont des Venus, comme l'aube ou des jeunes filles au soleil.
Le système qui a existé dans la culture « matristique » avant que les Indo-Européens arrivent en Europe était totalement différent. Je l'appelle « matristique » et non matriarcal, parce que matriarcal réveille toujours des idées de domination et est comparé au patriarcat. Mais c'était une société équilibrée, les femmes n'étaient pas vraiment si puissantes qu'elles auraient usurpé tout qui ce qui était masculin. Les hommes étaient à leur position légitime, ils effectuaient leur propre travail, ils avaient leurs fonctions et ils ont également eu leur propre puissance. Ceci est reflété dans les symboles où vous trouvez non seulement des déesses mais également des dieux. Les déesses étaient créatives, elles créent d'elles-mêmes. Dès 35.000 B.c, des symboles et des sculptures, nous pouvons voir que les parties du corps féminin étaient les parties créatrices: seins, ventre et fesses. C'était une vue différente de la nôtre - qui n'a rien à faire avec la pornographie.
La vulve, par exemple, est un des symboles les plus tôt gravés, et on le lie symboliquement à la croissance, à la graine. Parfois à côté d'elle se trouve un motif de branche ou de plante, ou dans la vulve il y a quelque chose comme une graine ou une plante. Et cette sorte de symbole est très durable, il continue pendant 20.000 ans au moins. Même maintenant la vulve est un symbole dans quelques pays, qui offre une sécurité, de la créativité, de la continuité et de la fertilité."

Marija Birutė Alseikaitė ou Marija Gimbutienė, généralement connue comme Marija Gimbutas est née le 23 janvier 1921 à Vilnius et morte le 2 février 1994 à Los Angeles, Californie, USA. Elle est une archéologue et préhistorienne américaine d'origine lituanienne.


Allemagne - Hohle Fels / 35 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)



France - Monpazier / 30 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Tchécoslovaquie - Dolní Věstonice / 25 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

France - Brassempouy / 25 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

France - Lespugue / 24 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Tchécoslovaquie - Moravany / 24 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Siberie - Mal'ta / 21 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Autriche - Willendorf / 20 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

France - Laussel / 20 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)


Jordan - Sha'ar Hagolan / 7 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Balochistan / 6 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)




Turquie, Anatolie - Çatal Höyük / 5 800 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Roumanie - Golovita / 5 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Roumanie - Hamangia / 5 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)






Roumanie - Cucuteni / 4 500 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Bulgarie - Gumelniţa–Karanovo / 4 500 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Roumanie - Cucuteni / 4 050 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Irak - Samarra / 4 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Malta / 4 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

« La découverte des figurations féminines dans la dernière période glaciaire a posé des problèmes qu’on continue à discuter. Leurs distribution est assez étendue, du sud-ouest de la France jusqu’au lac Baïkal, en Sibérie, et de l’Italie du nord jusqu’au Rhin. (…) On les a appelées assez improprement des « Vénus », les plus célèbres étant les Vénus de Lespuges, de Willendorff et de Laussel. Cependant, grâce surtout à la précision des fouilles, plus instructives sont les pièces découvertes à Gagarino et Mezine, en Ukraïne. Elles proviennent des niveaux d’habitation, par conséquent semblent être en rapport avec la religion domestique. A Gagarino, on a trouvé, auprès des parois de l’habitation, six figurines sculptées en os de mammouth. Elles sont sommairement taillées, avec un abdomen de proportions exagérées et la tête dépourvue de traits. Les pièces découvertes à Mezine sont fortement stylisées ; certaines peuvent être interprétées comme des formes féminines réduites à des éléments géométriques (ce type est attesté ailleurs en Europe centrale) (…) Pour expliquer leur éventuelle fonction religieuse, Hançar a rappelé que certaines tribus de chasseurs de l’Asie septentrionale fabriquent de petites sculptures anthropomorphes en bois, appelées « dzuli ». Dans les tribus où les dzulis sont féminines, ces « idoles » représentent l’Aïeule mythique de laquelle sont présumés descendre tous les membres : elles protègent les familles et les habitations, et au retour des grandes chasses on leur présente des offrandes de gruau et de graisse.
Plus significative encore est la découverte faite par Gerasimov à Mal’ta en Sibérie. Il s’agit d’un « village » dont les maisons rectangulaires étaient divisées en deux moitiés, celle de droite réservée aux hommes et celle de gauche appartenant aux femmes ; les statuettes féminines proviennent exclusivement de cette section. Leurs homologues dans le quartier masculin représentent des oiseaux, mais certains ont été interprétés comme des phallus.
Il est impossible de préciser la fonction religieuse de ces figurines. On peut présumer qu’elles représentent en quelque sorte la sacralité féminine, et par conséquent les puissances magico-religieuses des déesses. Le mystère constitué par le mode d’existence spécifique aux femmes a joué un rôle important dans nombre de religions, primitives aussi bien qu’historiques. C’est le mérite de Leroi-Gourhan d’avoir mis en lumière la fonction centrale de la polarité masculin/féminin dans l’ensemble de l’art paléolithique, i.e. peintures et reliefs rupestres, statuettes ou plaquettes de pierre. (…) La première, et peut-être la plus importante conséquence de la découverte de l’agriculture, suscite une crise dans les valeurs des chasseurs paléolithiques : les relations d’ordre religieux avec le monde animal sont supplantées par ce qu’on peut appeler « la solidarité mystique entre l’homme et la végétation. » Si l’os et le sang représentaient jusqu’alors l’essence et la sacralité de la vie, dorénavant ce sont le sperme et le sang qui les incarnent. En outre, la femme et la sacralité féminine sont promues au premier rang. Puisque les femmes ont joué un rôle décisif dans la domestication des plantes, elles deviennent les propriétaires des champs cultivés, ce qui rehausse leur position sociale et crée des institutions caractéristiques, comme par exemple la matrilocation, le mari étant obligé d’habiter la maison de son épouse. La fertilité de la terre est solidaire de la fécondité féminine ; par conséquent, les femmes deviennent responsables de l’abondance des récoltes, car elles connaissent le « mystère » de la création. Il s’agit d’un mystère religieux, parce qu’il gouverne l’origine de la vie, la nourriture et la mort. La glèbe est assimilée à la femme. Plus tard, après la découverte de la charrue, le travail agraire est assimilé à l’acte sexuel. Mais pendant des millénaires la Terre-Mère enfantait toute seule, par parthénogenèse. Le souvenir de ce « mystère » survivait encore dans la mythologie olympique (Héra conçoit toute seule et donne naissance à Héphaistos, à Arès) et se laisse déchiffrer dans de nombreux mythes et croyances populaires sur la naissance des hommes de la Terre, l’accouchement sur le sol, le dépôt du nouveau-né sur la terre, etc… Certes, la sacralité féminine et maternelle n’était pas ignorée au paléolithique, mais la découverte de l’agriculture en augmente sensiblement la puissance. La sacralité de la vie sexuelle, en premier lieu la sexualité féminine, se confond avec l’énigme miraculeuse de la création. (…) Le culte de la fertilité et le culte des morts semblent solidaires (cultures de Hacilar et Çatal Huyuk en Anatolie et culture pré-céramique de Jéricho, par exemple). (…) Des reliefs de la déesse, parfois hauts de deux mètres, modelés en platre, en bois ou en argile et des têtes de taureaux étaient fixés aux murs. (…) A Hacilar, daté de – 5.700, la déesse est montrée assise sur un léopard ou debout tenant le petit d’un léopard. »

"Histoire des croyances et des idées religieuses" - Mircéa Eliade (13 mars 1907 à Bucarest - 22 avril 1986 à Chicago)

Roumanie - Vadastra / 4 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Syrie - Halaf / 4 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Roumanie - Cucuteni / 3 700 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Égypte - Ma’americh / 3 500 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Sardaigne - Ozieri / 3 500 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Irak - Samarra / 3 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Bactria-Margiana (Western Central Asia) - Seated female / 2 000 - 3 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Serbie - Vinça / 3 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)



Ukraine - Trypillia / 3 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)


Roumanie - Gumelnita / 2 000 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Knossos - Minoan / 1 800 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Knossos - Minoan / 1 500 ans avant notre ère (av. J.-C.)

Afghanistan - Begram / ~1er siècle


Les Sources:
http://www.ancientcraft.co.uk/reenactment/prehistoric_art.html
http://www.biroz.net/words/art-origins-notes.htm
http://penser.publicoton.fr/le-langage-de-la-deesse-entretien-avec-marija-gimbutas-37592
http://matricien.org/2012/10/07/a-lorigine-la-deesse-mere-quand-sumer-fut-matriarcale-interview-de-francoise-gange/
http://en.wikipedia.org/wiki/Goddess_movement
http://www.goodreads.com/story/show/10924-the-language-of-the-goddess-a-conversation-with-marija-gimbutas
http://epanews.fr/group/le-feminin-sacre/forum/topics/le-matriarcat-hier-et-aujourd-hui
La déesse-mère universelle, religion primordiale de l'Humanité

2 comentarii:

  1. Picture 44 looks Bactrian alike. Is it really Vadastra ?

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    1. Thank you for your comment. Post & link updated accordingly.

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